Le vent souffle sur le port,
Hurlant dans les rues vidées,
Le froid rentre et me mord,
Sans se laisser intimider.
Les vagues hautes et noires
Menacent et se fracassent
Sur les rochers goguenards
Qui subissent cette embrasse.
Les embruns sur mes lèvres
Se déposent en douceur,
Mon corps est cerné des ténèbres,
Cette demeure de fureur.
Les éléments déchainés
Depuis les hauteurs
Semblent par moment prouver
Leur majesté et leur grandeur.
Dans ce ballet d’ombre et de lumière
Je reste pantoise face à ce spectacle
D’une beauté et d’une telle atmosphère
Qu’il me semble être témoin d’un cénacle.
Cette fureur indomptable,
Cette maitresse capricieuse.
Voilà qu’elle s’approche, impitoyable
Et me prend, lascive, amoureuse.
Le vent hurle dans le port.
Entends les battements du cœur
De la tempête qui dévore
Chaleur, espoirs et couleurs.
Prend garde, passant, devant cette traitresse
Elle ravira ton cœur et l’emmènera
Au fond de l’océan, telle une caresse,
Te laissant sur la berge sans voix.
